samedi 10 octobre 2009
l'affaire Polanski
vendredi 2 octobre 2009
La récidive
jeudi 10 septembre 2009
Et la lutte contre les libertés continue
"Il prévoit notamment, pour un délai de 6 mois renouvelable une fois :
- de faire juger les mineurs par le tribunal correctionnel, au mépris des principes constitutionnels et internationaux en la matière ;
- de confier toutes les audiences pénales à un seul magistrat, en violation du principe de collégialité ;
- de remettre en cause la publicité des débats, en prévoyant la possibilité de généraliser le huis clos ;
- de réduire les droits des personnes gardées à vue, en particulier celui de s’entretenir avec un avocat qui pourrait être inexplicablement différé à la 24ème heure ;
- de prolonger les délais de détention provisoire de 4 à 6 mois, sans audience ni débat devant le juge des libertés et de la détention qui statuerait sur dossier;
- de suspendre tous les délais de prescription. "
J'aimerais donc grandement qu'on m'explique, en quoi une seule de ces mesures, permettrait de réduire les risques de grippe A.
Si ces mesures étaient utiles à la prévention de la grippe A, je crierai au scandale. Le simple risque de propagation, d'une maladie, aussi grave qu'une petite grippe traditionnelle qui n'a jamais fait arrêter de tourner le monde, ne justifiera jamais une atteinte aussi considérable aux droits qui font qu'aujourd'hui notre Etat est dit de droit et démocratique. (à ma connaissance il y a moins de décès de la grippe A que de la grippe tout court)
Mais, étant donné que ces mesures, ne sont même pas utiles (ou alors qu'on m'explique), j'avoue ne pas savoir que dire.
Pourquoi de telles mesures? Quel est l'objectif si ce n'est pas d'éviter la grippe ?
Je souhaite simplement ajouter que si ce plan est liberticide au fond, il l'est aussi de part sa forme.
En effet, une telle mesure, dérogation inégalée à nos droits (ou presque mais à à une période noire), est prise par le gouvernement seul (pour l'instant c'est un projet d'ordonnance), sans passer par la voie démocratique (le parlement).
mardi 1 septembre 2009
la réforme Léger encore elle
lundi 17 août 2009
without sanctuary book
samedi 15 août 2009
La fin de la prison comme principe
Dire que la prison, n'est pas, la plupart du temps une peine adéquate, est toujours perçu comme une plaidoirie en faveur des auteurs mais jamais des victimes. Il est vrai que c'est souvent les conditions des détenus qui sont dénoncées, ce qui leur nuit en priorité à eux. Des conditions qui sont inacceptables, puisque je le répète encore dans cet article, avant d'être des détenus, ce sont des hommes, qui méritent tout autant que les autres, le respect en cette qualité. En tant qu'Homme nous même, nous ne pouvons leur enlever ce respect.
Au contraire, ceux qui prennent position pour défendre la société sont toujours perçus et souvent à raison d'ailleurs, comme des patriotes un peu trop exacerbés. (je n'irai pas plus loin, vous avez compris).
Tous ceux qui me connaissent, savent que je suis presque toujours rangé dans la première catégorie et plutôt deux fois qu'une.
Mais aujourd'hui ce que je voudrais démontrer, c'est qu'en plus d'être infamante pour les détenus, la peine de prison l'est aussi pour la société, et les victimes qui souhaitent réduire la délinquance et éviter la récidive. Nous y gagnerions tous à changer cet état de fait.
Puisque la seule inhumanité de la peine envers les détenus ne suffit pas, il faut convaincre par ce qui touche le commun des mortels, voilà la raison de cet article.
La peine de prison, n'existe, que depuis la période post révolutionnaire. L'idée de la prison est une bonne idée. C'est mettre les hommes à l'écart de la société pour qu'ils réfléchissent sur ce qu'ils ont fait, et qu'ils en ressortent meilleurs vis-à-vis des normes imposées par la société. C'est d'ailleurs pour cela, que les prisons sont des copies, vis à vis des règles imposées ainsi que de leur architecture, des monastères (en tout cas dans un premiers temps du moins). D'ailleurs, les premières prisons sont nées dans des monastères récupérés par les révolutionnaires, au Clergé déchu. Citons le Mont saint Michel, la prison de Carmes ou encore l'ancienne prison du 6ème arrondissement de Paris.
Le problème, c'est que ce retour sur soi n'opère pas. Pourquoi ? surpopulation carcérale, ambiance de clan, humiliation, infantilisation … , la vie en prison est à la fois longue et très (mal) occupée.
En sortant, un terroriste a t-il changé d'avis ? Un violeur va t-il pouvoir contenir ses pulsions sexuelles ? Un braqueur de banque, qui veut défier l'Etat, va t-il arrêter ? Non. Car la prison n'est pas une réponse à leur type de criminalité. En est t-elle une pour certaines ?
En plus de ne pas avoir tiré de leçon de leur peine, ces hommes vont souvent accroître leur haine envers la société et le système ce qui va les conduire à s'en exclure davantage. (ce n'est évidemment pas toujours le cas, encore heureux, mais c'est la situation d'un bon nombre). Pire encore, ils n'auront pas forcément compris le mal qu'ils ont engendrés à leurs victimes, or c'est ce que souhaitent les victimes avant tout, le regret, et la reconnaissance.
La peine pour être efficace, doit être en corrélation avec l'infraction constatée.
Puisque notre société a choisi, et c'est à raison, de ne pas assassiner ceux qui ne répondent pas à ses critères, c'est qu'elle accepte, que quelle que soit la personnalité de ses membres, ils doivent pouvoir en faire partie.
Il faut donc faire en sorte que des reconnus coupables puissent, après avoir payés leur dette à la société, être correctement réintégrés à celle-ci et ainsi respecter ses règles.
Pour que cela soit possible, il faut que pendant leur peine, ils ne soient pas totalement coupés de cette société. Comment sinon recréer un lien qui a été perdu, quelquefois pendant plusieurs années, voire pire, qui n'a jamais existé.
La prison ne parvient pas à faire cela. Pourquoi alors la prison est-elle encore aujourd'hui une peine de principe, même lorsque le prévenu est toujours sous la couverture de la présomption d'innocence, en attendant son procès? (ce deuxième point est un autre débat complexe que j'aborderai plus tard)
C'est la peine « fourre-tout ». « On ne sait pas ce qu'on va faire de toi alors va en prison. ». Oui et après ? La prison est un signe d'échec de notre société qui ne sait pas traiter la délinquance.
Pourquoi couper du monde des personnes que l'on punit précisément parce qu'elles ne se sont pas suffisamment intégrées à la société, en ce qu'elles ne respectaient pas ses codes moraux?
Beaucoup de criminels, comme Francis Haulme par exemple, avaient bien avant de commettre des violences, tirés les sonnettes d'alarme de notre société. Il avait demandé son internement plusieurs fois pour se protéger de lui-même, et protéger les autres de lui, parce que quelque chose en lui le dépassait.
Pourquoi cela dépassait-il aussi la société qui n'a pu répondre à ses appels et la dépasse toujours.
Pourquoi la société ne peut-elle pas gérer ce qui touche ses citoyens aussi profondément et qui n'est pas si exceptionnel que cela ?
Il existe à mon avis d'autres solutions que la prison. Je me sens obligé d'en donner quelques exemples, on ne peut critiquer un système sans en proposer des améliorations.
Il faut, dès que les premiers actes de délinquance se manifestent, agir. Agir ne veut pas dire augmenter les actes de répression et mettre des gamins en prison, durcir la réponse. C'est agir opportunément, traiter différemment la délinquance, selon le type de délinquance. Or cela n'est possible qu'en en trouvant son origine. Comprendre et non excuser, pour solutionner le problème.
Certains enfants, dans les cités, lancent des cailloux contre les voitures de policiers. Un jour un éducateur m'a dit : au lieu de le poursuivre devant un tribunal, le procureur a décidé de lui faire visiter le Sénat, de lui expliquer comment fonctionne la Police et de lui montrer que les policiers travaillent pour la société et non contre sa cité. Eh oui cela a marché, en tout cas pour ce garçon. Cela peut paraître aberrant que de si petites choses fonctionnent, mais si.
Quelquefois pour comprendre, il suffit simplement d'expliquer ! Ainsi aujourd'hui cet enfant salue les policiers dès qu'il en voit, eux mêmes me l'ont raconté. Au lieu de s'embourber dans la délinquance et de faire monter la haine, il a pris conscience de la société.
Pourquoi alors ne pas instaurer à l'école dès le plus jeune âge, des visites, des cours plus approfondis sur le fonctionnement de cette société. Il n'est nullement question de morale ici, mais d'éducation civique.
Je ne prétends pas que toute la délinquance pourra se régler par ces simples gestes, il faut toujours adapter la mesure au propos.
Pour d'autres criminels, que l'on nomme « tueurs en série » et qui demandent quelquefois eux mêmes à être soignés, pourquoi ne pas multiplier les suivis socio-psychologiques et psychiatriques, autoriser des traitements pour diminuer la libido pour ceux qui acceptent... Cela existe en Allemagne et les condamnés reconnaissent son efficacité. Eh oui, rappelons que la plupart des délinquants sexuels sont esclaves de leurs pulsions et voudraient s'en séparer, pourquoi ne pas les satisfaire et satisfaire aussi la société. Malgré tout, cette question fait débat et elle est encore à discuter, je ne suis pas moi-même entièrement convaincu par cette dernière solution vis à vis des risques d'abus, mais c'est une possibilité qu'il ne faut pas négliger.
Pourquoi aussi ne pas créer des hôpitaux psychiatrique-prison, pour mieux adapter les soins, pour mieux se pencher sur chaque cas, et mieux adapter la réponse.
Ensuite, un directeur d'hôpital psychiatrique a créé, il y a quelques années, une sorte de ville-hôpital-psychiatrique, cela permet aux malades de rester d'une certaine manière dans notre société, la ville fonctionne de la même manière, leur apprendre à vivre tout le monde, sans les désocialiser pour leur permettre de mieux s'y réintégrer ensuite. Pourquoi ne pas créer des villes-prisons dans lesquelles les hommes seraient mis à l'écart sans être totalement désocialisés. Evidemment cela ne serait possible que pour certains types de criminels, ou pour des individus en détention provisoire par exemple.
Ce ne sont que quelques idées mais les professionnels qui côtoient les détenus et les condamnés tous les jours ont certainement d'autres propositions.
D'autres solutions sont possibles, toutes ne sont pas forcément bonnes, mais il est possible au moins d'y penser pour les améliorer, pour remplacer cette peine de prison qui désocialise sans re-socialiser à sa sortie, ce qui est dangereux pour notre société, qui est perçu comme injuste par les détenus et comme inutile par les victimes.
dimanche 26 juillet 2009
Les fouilles à nu inhumaines
mardi 14 juillet 2009
la réforme "Léger" très .... légère
Le droit pénal et la criminologie
jeudi 25 juin 2009
la réforme du juge d'instruction
J'ai eu l'occasion de disserter sur un sujet durant mes partiels qui était à quelques mots près : " faut il réformer le juge d'instruction ?" En effet, M. le président Sarkozy venait de faire son discours pour l'ouverture de session de la Cour de cassation. Je me repose aujourd'hui la question vu l'actualité.
C'est un fait, le juge d'instruction à l'heure actuelle n'est pas une institution acceptable. (affaire Outreau rabâchée et rabâchée en est un bon exemple.)
La où ça se corse, c'est quand il veut le remplacer par le juge « de l'instruction » que la commission Léger chargée d 'une proposition de réforme appelle « juge de l'enquête et des libertés ». Simple changement terminologique vous direz.
Eh bien non, ce n'est pas que cela.
Le juge d'instruction est aujourd'hui « juge du siège » donc magistrat indépendant, avec la réforme il sera magistrat du parquet (club des procureurs aujourd'hui, en résumé pour les profanes).
Ce dernier magistrat dit « debout » n'est pas indépendant c'est l'article 30 du code de procédure pénal qui en dispose ainsi : « le ministre de la justice (…) adresse aux magistrats du ministère public des instructions générales ». C'est donc la politique qui guide officiellement l'opportunité des poursuites. Cette hiérarchie n'est pas si grave quant il s'agit de la personne qui poursuit (quoique l'on puisse discuter de la chose), cela l'est beaucoup plus, concernant celui qui doit être neutre et sauvegarder les libertés essentielles.
On sait combien la politique est garante de la neutralité et de l'impartialité.
En outre la CEDH a elle même fait ce constat. Dans un arrêt du 13 juillet 2008, elle affirme que selon elle « le procureur n'est pas un magistrat » car il ne bénéficie pas de toute les garanties d'indépendance nécessaires et inhérentes à cette institution. Ajoutons que le conseil de l'Europe vient de rendre un rapport dans lequel il invite la France à revoir son projet qui démontre « l'utilisation abusive du système judiciaire répressif motivée par des considérations politiques ». Autant dire que ce n'est pas rien.
Ce qui ne va pas aujourd'hui chez le juge d'instruction c'est qu'il doit juger à charge et à décharge des dossiers quelquefois très complexes et que pour cela il est seul. Pas toujours évident de prendre la bonne décision au bon moment, surtout avec les influences médiatiques.
Alors oui, nous attendons un changement. Mais si nous voulons une réforme c'est justement car le juge d'instruction n'est pas assez juste et impartial alors pourquoi vouloir le rattacher au parquet.
Ensuite, il est trop facile de ressasser l'affaire Outreau pour faire passer n'importe quelle réforme. Oui cette affaire a été un fiasco oui il faut en tirer des leçons. Mais les bonnes leçons. Je rappelle que le juge d'instruction n'est pas seul pour enquêter, les procureur et les avocats doivent lui ouvrir les yeux sur les faits. Eh oui, grande nouvelle l'avocat ne sert pas à rien! Les avocats dans cette affaire ne venaient qu'à 1/3 des auditions, interrogatoires et autres de leurs clients, laissant ceux ci à la merci de l'irrespect de leurs droits.
Notre justice quoiqu'on en dise est bien faite, il y a un équilibre en théorie : avocat contre procureur et le juge d'instruction entre les deux, la pierre angulaire. Veut t-on faire s'écrouler cet édifice ?
Si la pratique est si différente, c'est que les praticiens sont des êtres humains avec leurs qualités, leurs défauts. S'ils ne jouent pas toujours le jeu, nous pouvons être sûr de ne pas bien rendre la justice, tout le monde doit y participer. En l'espèce, cela n'a pas été le cas. C'est bien la personnalité des protagonistes qui est en jeu et non l'institution elle même.
La commission Outreau a fait plusieurs propositions. Laissons les réformes se faire comme celle déjà votée et qui se mettra véritablement en place vers 2010 sur la collégialité des juges d'instruction et sur la création de pôles d'instruction. Cela permettrait de ne pas remettre en cause toute l'institution qui dans son principe est bonne et de lutter contre des protagonistes avec peu de conscience professionnelle.
Ensuite, selon la deuxième proposition de la commission (non suivie celle-ci à mon grand regret), il serait bien que le parquet soit détaché du ministère de la justice, qu'il n'y ait plus cette hiérarchie.
Pour finir, il faudrait qu'il ne soit plus possible pour les magistrats de passer à leur guise du parquet au siège.
mercredi 24 juin 2009
le projet Estrosi - la dangerosité
mardi 16 juin 2009
les familles et les criminels
mardi 2 juin 2009
La naïveté
Depuis toujours on a pu me dire que j'étais naïf vis à vis de la manière dont j'envisageais de traiter les criminels. (Vous avez pu en voir certains aspects dans mes articles précédents). C'est pourquoi je voudrais expliquer certaines choses.
J'ai eu l'occasion de constater plusieurs stades que l'on peut traverser face à une situation de criminalité que l'on peut définir comme grave (viol, meurtre...).
Voici ces étapes décrites brièvement :
La naïveté "candide" : au premier abord on se dit que personne ne peut être vraiment méchant c'est pour cela que l'on veut que les droits des accusés ou reconnus coupables soient défendus. Mais en même temps, on ne se rend pas vraiment compte de quoi l'homme est capable.
Le stade "de révolte" On prend conscience de ce dont l'homme est capable. On prend conscience de l'atrocité qui peut résulter de ces actes. L'homme doit être puni quoiqu'il arrive. Il peut être considéré comme un monstre, un inhumain qui ne mérite aucune pitié, aucune considération. Certains vont jusqu'à penser qu'ils n'ont pas de droits. Par exemple j'ai pu entendre "mais pourquoi donner de l'argent pour les prisons, si les conditions de vie sont mauvaises, eh bien tant pis, ils n'avaient qu'à ne pas aller en prison"
Le stade "d'acceptation". On ne cherche pas à minimiser ou à justifier ce qui a été fait. On cherche à comprendre pourquoi. Là on comprend que l'homme fait des choses qui ne le rendent pas moins homme au contraire. On admet que malgré qu'il doive être puni, il ait des droits.
Ces trois stades sont je crois trois étapes de réflexions mais aussi trois positions que l'on peut prendre, en tant que spectateur (ni victime ni agresseur), face à une telle situation.
Tout le monde ne passe pas par ces trois stades, il est possible de les "sauter", il est aussi possible de ne pas arriver au dernier. Personnellement, je pense que dans ces deux cas, la réflexion ne peut pas être véritablement aboutie. Je ne parle pas ici de la façon dont une victime pourrait envisager la situation, d'autres émotions entrant en jeu, mais bien du point de vue d'un homme neutre (ni victime ni agresseur).
Cela ne veut pas dire qu'une victime ne peut pas envisager cette situation en passant par ces trois stades, j'ai eu l'occasion de constater que c'était possible. Beaucoup pensent que les victimes ne peuvent que s'arrêter au stade 2 sans passer par la case 1 et sans aller jusqu'à la 3. Ce qui est tout simplement faux.
Les deux premiers stades sont selon moi des étapes auxquelles peuvent s'arrêter des gens qui ne connaissent pas bien le milieu du droit pénal criminel. Ce qui ne veut pas dire qu'en ne connaissant pas ce milieu on ne peut pas accéder au stade suivant.
Le premier et le dernier stades semblent en effet plus ou moins similaires dans leur conclusion et dans leur traduction concrète. Les deux peuvent être pris comme de la naïveté. Pourtant ce sont bien deux situations différentes : le dernier a été mûrement réfléchi, il est le fruit d'une longue réflexion, de questionnements. Le premier a été élaboré sans véritable point d'appui, il peut supposer que si la personne en savait plus sur de telles situations elle changerait d'avis et opterait pour la position du stade 2.
La dernière position est au contraire très réfléchie car ceux qui la défendent ont bien souvent pesé le pour et le contre des positions antérieures. Si elle peut paraître idéaliste et en ce sens naïve, elle ne peut être naïve au sens candide du terme puisque réalisable. C'est en tout cas la position que je défends et revendique.
Je pense que tout le monde devrait atteindre le dernier stade, c'est en tout cas le message que tente de faire passer le droit dans notre société (difficilement en ce moment je le conçois).
Je ne prétends pas ici avoir fait un étalage sociologique ou psychologique des réactions humaines, j'ai simplement tenté de faire partager ce que j'ai pu moi-même constater.
samedi 23 mai 2009
Les avocats et les coupables
Les partis incitant à la haine
La première chose que j'ai apprise en droit constitutionnel, c'est que pour avoir pleinement l'exercice de nos droits, il faut parfois les réduire. C'est exactement ce que nous enseignent Locke ou Rousseau dans leur contrat social. Il en est de même pour la démocratie qui est un droit politique.
Quand j'entends que nous ne pouvons pas faire taire le XXX ou DXXXXXXXX car ce serait être contraire à nos principes (puisque ce serait réduire la démocratie que l'on a tant de ferveurs à défendre), moi je dis non, non c'est possible.
On serait bien sûr, contre un parti officiellement fasciste. Pourquoi? Car il incite à la haine. Tout le monde descendrait dans les rues si quelqu'un créait un parti reprenant clairement l'idéologie d'Hitler. Or ce n'est pas aussi une forme de censure ? Nous acceptons donc déjà la censure, une censure que l'on juge nécessaire à la sauvegarde de notre société.
Même si l'on ne peut pas dire que ces personnes sont fascistes ou nazis qui sont des termes bien précis et ayant une connotation très particulière, on peut du moins dire, de manière politiquement correcte qu'ils tiennent des propos incitant à la haine. «la F....... aux f......» c'est une incitation à la haine contre les migrants, contre ceux qui ne sont pas f......... Une liste «antisémite» c'est bien contre le peuple juif !
Evidemment on ne peut pas juger « ces leaders » sur les actions de leurs adeptes, mais on peut du moins dire, que ceux qui sous couverts de les suivre dérivent vers une violence physique, sont bien loin d'être contredits par eux.
En outre, un parti politique doit défendre une idée, une idéologie. Politique vient du grec «polis» (la cité) c'est la science, l'art ou la manière de gouverner un Etat ou une société humaine, et d'y organiser le pouvoir. C'est donc un mode de direction de la cité. Peut on diriger notre état en nous basant sur un anti-quelqu'un, un anti-peuple? non je ne crois pas. On ne peut baser notre politique que sur une idéologie qui prétend pouvoir mener la vie politique. Ce n'est pas le cas de l'idée de combattre un type de personnes.
Ce que je dis n'est pas nouveau. Cette conception de la politique nous l'avons déjà dans notre droit.(exemple article 32 de la loi de 1881 sur la presse). La preuve, sont des infractions dites politiques, les attaques des basques ou des corses indépendantistes ; bien au contraire toutes les attaques verbales ou physiques contre un peuple une ethnie, une religion … sont des infractions dites de droit commun. Ces paroles ou actes ne sont donc pas considérées comme de la politique alors pourquoi les accepter comme tels lorsqu'elles sont la base d'un parti qui devrait et doit être «politique». Ne dit-on pas un «parti politique» ?
C'est aussi un manque d'humanité indéniable, mais ça, ça n'est pas condamnable par le droit, seulement par la morale. Rappelons que nous n'avons pas tous la même morale.
J'en déduit que pour protéger notre démocratie bien malmenée par ces gens malintentionnés, il faudrait réduire leur liberté d'expression.
N'est-ce pas nécessaire pour sauvegarder notre société ?
Si vous n'êtes pas d'accord avec moi vous serez donc d'accord pour dire que je peux dire ce que je viens de dire car ce n'est que de la liberté d'expression que vous défendez apparemment de manière absolue.
jeudi 21 mai 2009
CRPC 2
mercredi 20 mai 2009
La CRPC
La CRPC est la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Certains souhaiteraient étendre ce «plaider coupable» au criminel. L'idée est que l'on va donner une peine moins lourde à ceux qui avouent. C'est une solution qui est admise par les USA dans des nuances procédurales différentes.
Beaucoup de praticiens (ceux qui se préoccupent plus de l'être humain que de la rapidité de la justice) vous diront que son existence au délictuel est un fiasco. Les accusés passent en dernier, car les autres affaires sont prioritaires (ils passent à 11 du soir ...). Les juges qui traitent les affaires (étant des êtres humains) sont fatigués ..., on assiste à une vrai expédition des affaires judiciaires, autant dire que ce ne sont pas les affaires les mieux traitées.
Effectivement la justice est plus rapide mais est t-elle plus juste ? Cela n'aboutit qu'à faire avouer des innocents (pour être sûr de ne pas avoir une trop longue peine) et à donner une peine moindre aux véritables coupables. Les deux solutions sont-elles satisfaisantes ? C'est en tout cas, ce qui se passe en matière délictuelle. En effet, dans une procédure dite normale, les délais sont longs, l'attente est difficile mais aussi coûteuse, alors un innocent se dit qu'il vaut mieux miser sur une courte peine que de risquer de faire une procédure si complexe pour aboutir peut être à une peine plus lourde. Cela est bien plus courant qu'on peut le croire.
Cela est inacceptable vis à vis des accusés puisque des innocents seront de facto déclarés coupables (ce sera une vérité judiciaire) mais aussi vis à vis des victimes qui ont droit à la vérité, et encore vis à vis de la société qui prétend rendre justice en punissant.
Cela est déjà inacceptable pour des délits, le laissera-t-on faire pour des infractions aussi graves que des crimes.
Veux t-on réellement rendre ce genre de justice ? Veut-on déclarer "coupables", des coupables qui n'en sont pas? Veut-on réduire la peine des véritables coupables?
Attendons de voir si cette idée développée par certains sera suivie.
Les idéaux
J'ai eu l'occasion de rencontrer des détenus. Ils étaient en prison pour une infraction dite politique (basques et corses indépendantistes). Je ne sais pas comment nous en sommes venus là, mais l'un d'eux m'a fait comprendre que peu importait le temps qu'il passait en prison. Cela lui était égal, car il se battait pour ses idéaux.
Sur le moment j'ai été un peu choqué par cette idée : il accepte d'être en prison si c'est pour rendre indépendant son « pays ».
Il m'a fait comprendre, qu'à la différence des autres détenus, les indépendantistes n'avaient pas besoin de travailler en prison. (de toute façon ils le refusent car ce serait « travailler pour l'ennemi »). Ils n'ont pas besoin de gagner de l'argent, car ils ont le soutien de leur famille et de ce qu'ils appellent «leur peuple». Ils disposent de fonds approvisionnés tous les mois par ces derniers (pas uniquement leur famille proche mais tout « ce peuple » : à qui veut bien donner pour les soutenir, et ils ont du soutien de tous).
En réalité, il faut regarder plus loin que leur but précis à eux, mais voir qu'ils se battent pour une idée. Et en réalité, je me rends compte que tout ceux qui ont des idéaux sont pareils, que ces idéaux paraissent ou non louables aux autres. Ce qui me paraissait en fait idiot, c'était de faire "tout ça pour ça", car son but ne me tenait pas à coeur. Je me suis rendu compte que moi aussi, je ferais de même pour mes idéaux, je veux me battre pour une justice plus saine, pour les droits des personnes accusés, poursuivis et donc pour tout le reste de la population sociétale. Et pour cela, moi aussi je serais prêt à assumer les conséquences de mes actes peu importe ce que pourrait dire un pouvoir plus fort que moi.
Tous les hommes d'idéaux l'on fait, de Socrate à ces hommes en passant par Mandela. Nous sommes tous un peu comme cela. C'est le propre des hommes de se battre jusqu'au bout, pour ce en quoi ils croient.
Une société qui exclut
Au lieu de mettre de côté certaines personnes tels que les "criminels" ou les "aliénés"nous devrions les étudier. Nous les mettons à l'écart, ce sont les rebuts de la société. Pourtant, ils représentent à la fois le pire et le meilleur de nous mêmes.
J'ai souvent entendu à propos des criminels : «son crime est inhumain», «c'est un monstre». Bien au contraire, ce ne sont que des humains qui ont exprimé à l'excès ce qui existe en chacun de nous. Si cela a été exprimé à l'excès, ça n'est pas parce qu'ils sont nés plus mauvais ou plus intelligents que nous mais bien dû aux circonstances qui entourent leur vie.
Il y a toujours une explication, non une justification, mais une explication, une cause aux crimes. Aucun praticien du droit digne de ce nom, qui a côtoyé des criminels ne pourra dire que quelqu'un agresse simplement parce qu'il est né mauvais : cela n'existe pas.
Malgré tout, cette image du tout blanc ou tout noir (image manichéenne) est véhiculée par de nombreux films, séries, bandes dessinées, religions (d'un coté Dieu ou un vengeur : l'être parfait; de l'autre: le mal, la folie, la cruauté). C'est d'ailleurs ce qui différencie nos religions dites contemporaines, des autres plus anciennes (dans la religion égyptienne, cette dualité n'existait pas : le chaos et l'ordre devait se côtoyer pour trouver un équilibre).
Bien sur, au départ nous n'avons pas tous les mêmes gênes, c'est en partie ce qui nous différencie. Mais ce qui nous différencie, ne nous classe pas forcément d'un coté du bien ou du mal (cotés qui l'un comme l'autre n'existent pas). Au contraire, cet ensemble de gênes que nous avons, n'est qu'un potentiel : ni négatif ni positif. Ce potentiel va évoluer au fil de nos expériences et c'est ce qui fera de nous ce que nous sommes.
