J'ai beaucoup entendu dire dans les familles : "si quelqu'un de ma famille commettait un crime, je le défendrais coûte que coûte". Pour certains cela sous-entend : "je l'aiderai pour qu'il ne soit pas puni, n'aille pas en prison...".
A l'inverse, dans une situation où la victime serait dans la famille, ces mêmes personnes vont souvent à penser qu'elles pourraient tuer l'auteur de cet acte. "Car c'est un monstre". ( NB : pourquoi dans cette hypothèse l'auteur serait-il un monstre et dans l'autre non ?)
Ajoutons que quelques-unes de ces personnes ont pu me dire qu'elles ne pouvaient pas comprendre comment l'on pouvait faire le métier d'avocat.
J'ai du mal à m'expliquer cette position alors qu'on a pu me reprocher ne pas la prendre. D'une part, que se passe t-il si la victime et l'auteur sont dans la même famille ? Quelle position prend-on ?
Ensuite, c'est une solution qui semble peu généralisable. Un simple constat, pour éclairer les choses : tous les auteurs sont les parents, les enfants, les soeurs, les frères de quelqu'un. Comment alors rendre justice sur cette base ? Cette évidence peut paraître niaise pour certains mais ne semble pas si évidente que ça pour d'autres.
De plus, l'avocat devrait être apprécié de ces personnes. Ne défend-il pas les membres de la famille de chacun, en défendant l'éspèce humaine dans son côté le plus obscure.
Ce constat du "je-ne-vois-les-choses-que-du-côté-de-ma-famille", j'ai pu le remarquer aussi en allant visiter les prisons. Quant je rends compte de mes visites et que je fait part du fait que les détenus n'ont ni cornes, ne sont ni rouges, et n'ont pas une queue pointue, sont des humains en somme, on me regarde avec deux billes. "Comment puis-je dire une chose pareille... des hommes si cruels...". Eh oui, la criminalité d'un être n'est pas inscrite sur son visage.
Pourtant ces mêmes personnes qui sont outrées par mes réflexions protégeraient ou protègent les auteurs qui sont issus de leur famille.
Pourquoi ? Bien souvent, l'auteur d'un acte répréhensible et qui ferait partie de leur famille n'est pas pour eux un criminel à proprement parler.
A ce moment peut être le paradoxe est-il si grand qu'elles ont conscience qu'un criminel n'est autre qu'un être humain avant d'être criminel, peu importe ce qu'il a fait. C'est un père, une mère, un fils, une fille avant d'être un criminel.

Je suis d'accord avec vous. Il est vrai que de manière générale les gens voient les criminels comme des monstres, et s'imaginent qu'ils l'ont toujours été depuis leur naissance. Alors que lorsque le soit disant monstre est un proche, quelqu'un avec qui on a eu des relations humaines et donc que l'on considère comme un humain, on ne peut pas lui retirer son humanité. Cela reviendrait à retirer la notre. On le considère alors comme un homme criminel.
RépondreSupprimerJe vois alors un pont entre votre texte et les stades d'évolution de l'image que l'on a du criminel. En effet lorsqu'il s'agit d'un proche, le passage au stade de la compréhension, de l'humanisation du criminel, est instantané. Helas cela se limite à la personne proche chez beaucoup de personnes, car le lien entre le fait qu''un homme peut devenir criminel et qu' un criminel est avant tout un homme et difficile à trouver pour certains.