mardi 2 juin 2009

La naïveté

Depuis toujours on a pu me dire que j'étais naïf vis à vis de la manière dont j'envisageais de traiter les criminels. (Vous avez pu en voir certains aspects dans mes articles précédents). C'est pourquoi je voudrais expliquer certaines choses.

J'ai eu l'occasion de constater plusieurs stades que l'on peut traverser face à une situation de criminalité que l'on peut définir comme grave (viol, meurtre...).

Voici ces étapes décrites brièvement :

La naïveté "candide" : au premier abord on se dit que personne ne peut être vraiment méchant c'est pour cela que l'on veut que les droits des accusés ou reconnus coupables soient défendus. Mais en même temps, on ne se rend pas vraiment compte de quoi l'homme est capable.

Le stade "de révolte" On prend conscience de ce dont l'homme est capable. On prend conscience de l'atrocité qui peut résulter de ces actes. L'homme doit être puni quoiqu'il arrive. Il peut être considéré comme un monstre, un inhumain qui ne mérite aucune pitié, aucune considération. Certains vont jusqu'à penser qu'ils n'ont pas de droits. Par exemple j'ai pu entendre "mais pourquoi donner de l'argent pour les prisons, si les conditions de vie sont mauvaises, eh bien tant pis, ils n'avaient qu'à ne pas aller en prison"

Le stade "d'acceptation". On ne cherche pas à minimiser ou à justifier ce qui a été fait. On cherche à comprendre pourquoi. Là on comprend que l'homme fait des choses qui ne le rendent pas moins homme au contraire. On admet que malgré qu'il doive être puni, il ait des droits.


Ces trois stades sont je crois trois étapes de réflexions mais aussi trois positions que l'on peut prendre, en tant que spectateur (ni victime ni agresseur), face à une telle situation.

Tout le monde ne passe pas par ces trois stades, il est possible de les "sauter", il est aussi possible de ne pas arriver au dernier. Personnellement, je pense que dans ces deux cas, la réflexion ne peut pas être véritablement aboutie. Je ne parle pas ici de la façon dont une victime pourrait envisager la situation, d'autres émotions entrant en jeu, mais bien du point de vue d'un homme neutre (ni victime ni agresseur).

Cela ne veut pas dire qu'une victime ne peut pas envisager cette situation en passant par ces trois stades, j'ai eu l'occasion de constater que c'était possible. Beaucoup pensent que les victimes ne peuvent que s'arrêter au stade 2 sans passer par la case 1 et sans aller jusqu'à la 3. Ce qui est tout simplement faux.

Les deux premiers stades sont selon moi des étapes auxquelles peuvent s'arrêter des gens qui ne connaissent pas bien le milieu du droit pénal criminel. Ce qui ne veut pas dire qu'en ne connaissant pas ce milieu on ne peut pas accéder au stade suivant.

Le premier et le dernier stades semblent en effet plus ou moins similaires dans leur conclusion et dans leur traduction concrète. Les deux peuvent être pris comme de la naïveté. Pourtant ce sont bien deux situations différentes : le dernier a été mûrement réfléchi, il est le fruit d'une longue réflexion, de questionnements. Le premier a été élaboré sans véritable point d'appui, il peut supposer que si la personne en savait plus sur de telles situations elle changerait d'avis et opterait pour la position du stade 2.

La dernière position est au contraire très réfléchie car ceux qui la défendent ont bien souvent pesé le pour et le contre des positions antérieures. Si elle peut paraître idéaliste et en ce sens naïve, elle ne peut être naïve au sens candide du terme puisque réalisable. C'est en tout cas la position que je défends et revendique.

Je pense que tout le monde devrait atteindre le dernier stade, c'est en tout cas le message que tente de faire passer le droit dans notre société (difficilement en ce moment je le conçois).

Je ne prétends pas ici avoir fait un étalage sociologique ou psychologique des réactions humaines, j'ai simplement tenté de faire partager ce que j'ai pu moi-même constater.

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