samedi 10 octobre 2009
l'affaire Polanski
vendredi 2 octobre 2009
La récidive
jeudi 10 septembre 2009
Et la lutte contre les libertés continue
"Il prévoit notamment, pour un délai de 6 mois renouvelable une fois :
- de faire juger les mineurs par le tribunal correctionnel, au mépris des principes constitutionnels et internationaux en la matière ;
- de confier toutes les audiences pénales à un seul magistrat, en violation du principe de collégialité ;
- de remettre en cause la publicité des débats, en prévoyant la possibilité de généraliser le huis clos ;
- de réduire les droits des personnes gardées à vue, en particulier celui de s’entretenir avec un avocat qui pourrait être inexplicablement différé à la 24ème heure ;
- de prolonger les délais de détention provisoire de 4 à 6 mois, sans audience ni débat devant le juge des libertés et de la détention qui statuerait sur dossier;
- de suspendre tous les délais de prescription. "
J'aimerais donc grandement qu'on m'explique, en quoi une seule de ces mesures, permettrait de réduire les risques de grippe A.
Si ces mesures étaient utiles à la prévention de la grippe A, je crierai au scandale. Le simple risque de propagation, d'une maladie, aussi grave qu'une petite grippe traditionnelle qui n'a jamais fait arrêter de tourner le monde, ne justifiera jamais une atteinte aussi considérable aux droits qui font qu'aujourd'hui notre Etat est dit de droit et démocratique. (à ma connaissance il y a moins de décès de la grippe A que de la grippe tout court)
Mais, étant donné que ces mesures, ne sont même pas utiles (ou alors qu'on m'explique), j'avoue ne pas savoir que dire.
Pourquoi de telles mesures? Quel est l'objectif si ce n'est pas d'éviter la grippe ?
Je souhaite simplement ajouter que si ce plan est liberticide au fond, il l'est aussi de part sa forme.
En effet, une telle mesure, dérogation inégalée à nos droits (ou presque mais à à une période noire), est prise par le gouvernement seul (pour l'instant c'est un projet d'ordonnance), sans passer par la voie démocratique (le parlement).
mardi 1 septembre 2009
la réforme Léger encore elle
lundi 17 août 2009
without sanctuary book
samedi 15 août 2009
La fin de la prison comme principe
Dire que la prison, n'est pas, la plupart du temps une peine adéquate, est toujours perçu comme une plaidoirie en faveur des auteurs mais jamais des victimes. Il est vrai que c'est souvent les conditions des détenus qui sont dénoncées, ce qui leur nuit en priorité à eux. Des conditions qui sont inacceptables, puisque je le répète encore dans cet article, avant d'être des détenus, ce sont des hommes, qui méritent tout autant que les autres, le respect en cette qualité. En tant qu'Homme nous même, nous ne pouvons leur enlever ce respect.
Au contraire, ceux qui prennent position pour défendre la société sont toujours perçus et souvent à raison d'ailleurs, comme des patriotes un peu trop exacerbés. (je n'irai pas plus loin, vous avez compris).
Tous ceux qui me connaissent, savent que je suis presque toujours rangé dans la première catégorie et plutôt deux fois qu'une.
Mais aujourd'hui ce que je voudrais démontrer, c'est qu'en plus d'être infamante pour les détenus, la peine de prison l'est aussi pour la société, et les victimes qui souhaitent réduire la délinquance et éviter la récidive. Nous y gagnerions tous à changer cet état de fait.
Puisque la seule inhumanité de la peine envers les détenus ne suffit pas, il faut convaincre par ce qui touche le commun des mortels, voilà la raison de cet article.
La peine de prison, n'existe, que depuis la période post révolutionnaire. L'idée de la prison est une bonne idée. C'est mettre les hommes à l'écart de la société pour qu'ils réfléchissent sur ce qu'ils ont fait, et qu'ils en ressortent meilleurs vis-à-vis des normes imposées par la société. C'est d'ailleurs pour cela, que les prisons sont des copies, vis à vis des règles imposées ainsi que de leur architecture, des monastères (en tout cas dans un premiers temps du moins). D'ailleurs, les premières prisons sont nées dans des monastères récupérés par les révolutionnaires, au Clergé déchu. Citons le Mont saint Michel, la prison de Carmes ou encore l'ancienne prison du 6ème arrondissement de Paris.
Le problème, c'est que ce retour sur soi n'opère pas. Pourquoi ? surpopulation carcérale, ambiance de clan, humiliation, infantilisation … , la vie en prison est à la fois longue et très (mal) occupée.
En sortant, un terroriste a t-il changé d'avis ? Un violeur va t-il pouvoir contenir ses pulsions sexuelles ? Un braqueur de banque, qui veut défier l'Etat, va t-il arrêter ? Non. Car la prison n'est pas une réponse à leur type de criminalité. En est t-elle une pour certaines ?
En plus de ne pas avoir tiré de leçon de leur peine, ces hommes vont souvent accroître leur haine envers la société et le système ce qui va les conduire à s'en exclure davantage. (ce n'est évidemment pas toujours le cas, encore heureux, mais c'est la situation d'un bon nombre). Pire encore, ils n'auront pas forcément compris le mal qu'ils ont engendrés à leurs victimes, or c'est ce que souhaitent les victimes avant tout, le regret, et la reconnaissance.
La peine pour être efficace, doit être en corrélation avec l'infraction constatée.
Puisque notre société a choisi, et c'est à raison, de ne pas assassiner ceux qui ne répondent pas à ses critères, c'est qu'elle accepte, que quelle que soit la personnalité de ses membres, ils doivent pouvoir en faire partie.
Il faut donc faire en sorte que des reconnus coupables puissent, après avoir payés leur dette à la société, être correctement réintégrés à celle-ci et ainsi respecter ses règles.
Pour que cela soit possible, il faut que pendant leur peine, ils ne soient pas totalement coupés de cette société. Comment sinon recréer un lien qui a été perdu, quelquefois pendant plusieurs années, voire pire, qui n'a jamais existé.
La prison ne parvient pas à faire cela. Pourquoi alors la prison est-elle encore aujourd'hui une peine de principe, même lorsque le prévenu est toujours sous la couverture de la présomption d'innocence, en attendant son procès? (ce deuxième point est un autre débat complexe que j'aborderai plus tard)
C'est la peine « fourre-tout ». « On ne sait pas ce qu'on va faire de toi alors va en prison. ». Oui et après ? La prison est un signe d'échec de notre société qui ne sait pas traiter la délinquance.
Pourquoi couper du monde des personnes que l'on punit précisément parce qu'elles ne se sont pas suffisamment intégrées à la société, en ce qu'elles ne respectaient pas ses codes moraux?
Beaucoup de criminels, comme Francis Haulme par exemple, avaient bien avant de commettre des violences, tirés les sonnettes d'alarme de notre société. Il avait demandé son internement plusieurs fois pour se protéger de lui-même, et protéger les autres de lui, parce que quelque chose en lui le dépassait.
Pourquoi cela dépassait-il aussi la société qui n'a pu répondre à ses appels et la dépasse toujours.
Pourquoi la société ne peut-elle pas gérer ce qui touche ses citoyens aussi profondément et qui n'est pas si exceptionnel que cela ?
Il existe à mon avis d'autres solutions que la prison. Je me sens obligé d'en donner quelques exemples, on ne peut critiquer un système sans en proposer des améliorations.
Il faut, dès que les premiers actes de délinquance se manifestent, agir. Agir ne veut pas dire augmenter les actes de répression et mettre des gamins en prison, durcir la réponse. C'est agir opportunément, traiter différemment la délinquance, selon le type de délinquance. Or cela n'est possible qu'en en trouvant son origine. Comprendre et non excuser, pour solutionner le problème.
Certains enfants, dans les cités, lancent des cailloux contre les voitures de policiers. Un jour un éducateur m'a dit : au lieu de le poursuivre devant un tribunal, le procureur a décidé de lui faire visiter le Sénat, de lui expliquer comment fonctionne la Police et de lui montrer que les policiers travaillent pour la société et non contre sa cité. Eh oui cela a marché, en tout cas pour ce garçon. Cela peut paraître aberrant que de si petites choses fonctionnent, mais si.
Quelquefois pour comprendre, il suffit simplement d'expliquer ! Ainsi aujourd'hui cet enfant salue les policiers dès qu'il en voit, eux mêmes me l'ont raconté. Au lieu de s'embourber dans la délinquance et de faire monter la haine, il a pris conscience de la société.
Pourquoi alors ne pas instaurer à l'école dès le plus jeune âge, des visites, des cours plus approfondis sur le fonctionnement de cette société. Il n'est nullement question de morale ici, mais d'éducation civique.
Je ne prétends pas que toute la délinquance pourra se régler par ces simples gestes, il faut toujours adapter la mesure au propos.
Pour d'autres criminels, que l'on nomme « tueurs en série » et qui demandent quelquefois eux mêmes à être soignés, pourquoi ne pas multiplier les suivis socio-psychologiques et psychiatriques, autoriser des traitements pour diminuer la libido pour ceux qui acceptent... Cela existe en Allemagne et les condamnés reconnaissent son efficacité. Eh oui, rappelons que la plupart des délinquants sexuels sont esclaves de leurs pulsions et voudraient s'en séparer, pourquoi ne pas les satisfaire et satisfaire aussi la société. Malgré tout, cette question fait débat et elle est encore à discuter, je ne suis pas moi-même entièrement convaincu par cette dernière solution vis à vis des risques d'abus, mais c'est une possibilité qu'il ne faut pas négliger.
Pourquoi aussi ne pas créer des hôpitaux psychiatrique-prison, pour mieux adapter les soins, pour mieux se pencher sur chaque cas, et mieux adapter la réponse.
Ensuite, un directeur d'hôpital psychiatrique a créé, il y a quelques années, une sorte de ville-hôpital-psychiatrique, cela permet aux malades de rester d'une certaine manière dans notre société, la ville fonctionne de la même manière, leur apprendre à vivre tout le monde, sans les désocialiser pour leur permettre de mieux s'y réintégrer ensuite. Pourquoi ne pas créer des villes-prisons dans lesquelles les hommes seraient mis à l'écart sans être totalement désocialisés. Evidemment cela ne serait possible que pour certains types de criminels, ou pour des individus en détention provisoire par exemple.
Ce ne sont que quelques idées mais les professionnels qui côtoient les détenus et les condamnés tous les jours ont certainement d'autres propositions.
D'autres solutions sont possibles, toutes ne sont pas forcément bonnes, mais il est possible au moins d'y penser pour les améliorer, pour remplacer cette peine de prison qui désocialise sans re-socialiser à sa sortie, ce qui est dangereux pour notre société, qui est perçu comme injuste par les détenus et comme inutile par les victimes.
