J'ai eu l'occasion de rencontrer des détenus. Ils étaient en prison pour une infraction dite politique (basques et corses indépendantistes). Je ne sais pas comment nous en sommes venus là, mais l'un d'eux m'a fait comprendre que peu importait le temps qu'il passait en prison. Cela lui était égal, car il se battait pour ses idéaux.
Sur le moment j'ai été un peu choqué par cette idée : il accepte d'être en prison si c'est pour rendre indépendant son « pays ».
Il m'a fait comprendre, qu'à la différence des autres détenus, les indépendantistes n'avaient pas besoin de travailler en prison. (de toute façon ils le refusent car ce serait « travailler pour l'ennemi »). Ils n'ont pas besoin de gagner de l'argent, car ils ont le soutien de leur famille et de ce qu'ils appellent «leur peuple». Ils disposent de fonds approvisionnés tous les mois par ces derniers (pas uniquement leur famille proche mais tout « ce peuple » : à qui veut bien donner pour les soutenir, et ils ont du soutien de tous).
En réalité, il faut regarder plus loin que leur but précis à eux, mais voir qu'ils se battent pour une idée. Et en réalité, je me rends compte que tout ceux qui ont des idéaux sont pareils, que ces idéaux paraissent ou non louables aux autres. Ce qui me paraissait en fait idiot, c'était de faire "tout ça pour ça", car son but ne me tenait pas à coeur. Je me suis rendu compte que moi aussi, je ferais de même pour mes idéaux, je veux me battre pour une justice plus saine, pour les droits des personnes accusés, poursuivis et donc pour tout le reste de la population sociétale. Et pour cela, moi aussi je serais prêt à assumer les conséquences de mes actes peu importe ce que pourrait dire un pouvoir plus fort que moi.
Tous les hommes d'idéaux l'on fait, de Socrate à ces hommes en passant par Mandela. Nous sommes tous un peu comme cela. C'est le propre des hommes de se battre jusqu'au bout, pour ce en quoi ils croient.

Nous savons tous pourquoi Socrate a bu la ciguë. Nous savons aussi que Nelson Mandela a passé 28 années de sa vie en prison parce qu'il disait que blancs et noirs pourraient parfaitement vivre ensemble en Afrique du Sud. C'est d'ailleurs ce que le président De Klerk lui a demandé de répéter, lorsqu'il l'a libéré de sa prison, parce que son combat avait permis de faire naître et mûrir une idée qui avait besoin de trois décennies pour devenir une évidence.
RépondreSupprimerJe ne suis pas sûr que le combat du peuple corse ait la même dimension.
Cela n'a peut être pas la même dimension pour nous!
RépondreSupprimerC'est ce que je tente d'expliquer. Lorsqu'on est à l'extérieur de la lutte, et que l'on ne se sent pas concerné par celle ci, elle semble sans importance. Pour les corses, leur lutte est bien équivalente aux autres. Pour nous, la lutte de Mandela est plus honorable, car on se sent impliqué, elle concerne d'ailleurs l'humanité toute entière. En ce sens elle a plus de poids que celle qui ne s'étend qu'à une partie de la population.
Ce que je veux dire c'est que les hommes sont près à tout pour défendre leurs idées qu'elles semblent mauvaises, bonnes, importantes ou moindres par rapport aux autres.
bonsoir,
RépondreSupprimerje suis d'accord avec vous pour Nelson Mandela et Socrate, qui ont defendu toute leur vie leurs idéaux.
Mais je ne suis pas d'accord avec vous lorsque vous dites que la lutte des corses est d'une autre dimension. Les corses, les basques et tous autres indépendantistes partagent le même idéal : leur indépendance. Cet idéal n'est certes pas partagé par tout le monde et leurs actes sont quelquefois répréhensibles, mais cela n'empeche pas qu'ils défendent leur idéal.
Bien que je ne comprenne pas certains idéaux, ou meme qu'ils soient opposés aux miens, les hommes qui se sacrifient pour le défendre méritent le respect accordé à ceux qui vivent en accord avec eux memes.
La légitimité de l'usage de la violence pour défendre une cause est une autre question.
RépondreSupprimerDans cet article, je n'ai jamais voulu dire que la fin justifie tous les moyens.
Je n'exprime que la beauté de l'être humain qui peut se différencier des autres animaux par cette volonté de défendre une cause au mépris de sa propre vie singulière.